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Le ministre de l'Intérieur Manuel VALLS parle de l'avenir du secours à personnes à l'occasion de la cinquième édition du salon "Secours Santé" qui s'est tenue à Bourg en Bresse vendredi 17 mai 2013.

 

Allocution de Manuel VALLS, ministre de l’Intérieur

 Cinquièmes Journées scientifiques européennes
du service médical des sapeurs-pompiers.

Bourg-en-Bresse - 17 mai 2013.

 
Seul le prononcé fait foi
 
Monsieur le sénateur, président du Conseil général et président du Service départemental d’incendie et de secours de l’Ain, cher Rachel MAZUIR,
Madame, messieurs les parlementaires,
Monsieur le président, cher Eric FAURE,
Monsieur le maire, 
Mesdames, messieurs les élus,
Chers amis sapeurs-pompiers,
Mesdames, messieurs,

M’adresser à vous pour clore ces cinquièmes Journées scientifiques européennes du service médical des sapeurs-pompiers est pour moi l’occasion de saluer, une nouvelle fois, votre action. Et de souligner une dimension centrale de vos missions ; je veux parler du secours aux personnes.
 
Vous l’avez dit, président FAURE : c’est 80 % de l’activité des sapeurs-pompiers. Autant dire l’écrasante majorité de vos interventions. 
 
Et la présentation qui vient de m’être faite ici, dans les couloirs du parc des expositions de Bourg-en-Bresse, est la démonstration éclatante de la qualité de votre réflexion et de votre contribution à la médecine et au secours d’urgence.
 
Les SDIS ont, en effet, des services de santé et de secours médical d’une qualité exceptionnelle. 
 
Sur l’ensemble du territoire national, près de 12 000 médecins, pharmaciens, vétérinaires ou infirmiers de sapeurs-pompiers perpétuent une tradition débutée en 1770 lorsqu’un chirurgien s’engagea au sein des gardes pompes de Paris.
 
Ce lien historique entre les sapeurs-pompiers et les acteurs de la santé tient, bien entendu, à la dangerosité de votre métier. Et je sais, pour avoir été à vos côtés dans des moments difficiles, quels sont les risques auxquels vous êtes exposés.
 
Vous avez su, depuis cet engagement pour le soutien opérationnel, vous adapter. Je me félicite de la poursuite des travaux d’achèvement de la couverture du territoire par les pharmacies à usage interne des SDIS. Je souligne également le développement de la fonction vétérinaire, alors que la question des épisodes infectieux ayant pour origine l’animal est au cœur des enjeux sanitaires. 
 
Avec vos collègues médecins et infirmiers, tous des professionnels aguerris du monde de la santé qui font le choix de rejoindre, en tant que volontaires, les sapeurs-pompiers, vous disposez d’une filière médicale d’excellence. Cette double appartenance que beaucoup d’entre vous cultivent est une richesse pour les SDIS. Elle est un atout au service de tous les Français. 
 
Elle doit donc conserver son attractivité. Des chantiers statutaires sont en cours ; je souhaite qu’ils se poursuivent – qu’ils accélèrent –, et je fais confiance au nouveau directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises, que je salue, pour évoquer, avec vous, les questions clés du recrutement, du déroulement de carrière, en s’inspirant des travaux déjà présentés au conseil supérieur de la fonction publique territoriale.
 
En matière de dialogue social – je sais que certaines organisations syndicales sont présentes dans la salle –je tiens à souligner la capacité de proposition et l’approche constructive de vos représentants associatifs et syndicaux. J’ai entamé un cycle de rencontres et je sais que votre directeur général prendra soin de préserver la qualité de cette écoute mutuelle. 

Je crois aux vertus du dialogue. Du dialogue franc. C’est comme cela que l’on peut initier des réformes d’envergure, des réformes pérennes, car les objectifs sont compris de tous, et partagés par tous.
 
Le lien étroit entre les sapeurs-pompiers et les acteurs de la santé tient à la dangerosité des missions. Mais, il tient surtout aux interventions que les sapeurs-pompiers accomplissent, je le disais, dans le domaine du  secours aux personnes ; le S.A.P pour reprendre l’intitulé qui vous est familier.
 
Le président de la République a pris l’engagement de garantir pour chaque Français un accès aux soins d’urgence en moins de 30 minutes, sur l’ensemble du territoire. Les SDIS,  du fait de  leur couverture territoriale et de leur technicité ont un rôle déterminant à jouer pour atteindre cet objectif.
 
Bien entendu, cela ne peut réussir qu’en lien étroit avec les SAMU. Plutôt qu’une concurrence contreproductive visant à cantonner les uns ou les autres dans des fonctions partielles, le gouvernement – et je sais que Marisol TOURAINE partage pleinement cette ambition – souhaite le dialogue, la concertation pour bâtir un service public du secours d’urgence performant qui s’appuie sur des 
acteurs agissant en parfaite intelligence et dans la complémentarité. 
 
C’est dans ce but que j’ai demandé que se réunisse, à nouveau, et le plus rapidement possible, le comité national de suivi du référentiel SAMU/SDIS. Comme je l’ai indiqué au congrès national, en septembre dernier, à Amiens, ce référentiel doit demeurer la base à partir de laquelle les travaux doivent s’engager avec le ministère de la Santé. Je souhaite des modes de fonctionnement respectant les exigences et les missions de chacun des services. A ce titre, je veux évoquer la situation des médecins correspondants SAMU, comme des infirmiers sapeurs-pompiers : pourquoi ne pas aller vers le principe du conventionnement entre les SDIS et les ARS sur la mise à disposition des ressources humaines ?
 
Et je vous le dis solennellement : pour moi, la procédure du « départ réflexe » résume l’esprit de  votre mission, celle de porter secours aux populations, celle de porter assistance à une personne en danger. 
Elle permet en effet votre engagement rapidement auprès des populations en détresse. Et quelle rapidité ! En moyenne, sur l’ensemble du territoire national, vous mettez moins de 10 minutes pour arriver sur zone à la suite d’une alerte. Et ceci vaut aussi bien de jour, comme de nuit, que l’on se trouve en plein week-end ou éloigné de tout centre urbain. 
 
C’est cela la continuité du service public !
C’est cela l’égalité de tous devant le service public !
Et en tant que ministre de l’Intérieur, ayant en charge la protection de nos concitoyens, et veillant à la continuité de l’action de l’Etat, j’y suis particulièrement attaché.
 
Vous avez évoqué, Monsieur le président, un certain nombre de dysfonctionnements. Le secours est un métier très particulier ; ses acteurs sont confrontés à des situations très difficiles. Peu de Français en ont conscience. C’est un métier de passion, une passion que vous partagez avec vos collègues de la Santé. Une passion, qui, par moments, par endroits, peut retarder le temps du dialogue. 
 
Pourtant, aujourd’hui, dans un contexte budgétaire contraint, nous devons prendre collectivement garde à ne pas rompre les équilibres du service public du secours. L’engagement des élus, des conseillers généraux et des maires pour améliorer la qualité de la réponse que vous apportez a été constant. Vous disposez d’équipements remarquables. 
 
Ces efforts, qui sont en définitive ceux de tous les habitants de ce pays, nous obligent. Ils nous obligent à trouver des solutions pragmatiques et efficaces dans les départements où des difficultés persistent entre acteurs du service public du secours et d’urgence.
 
Il n’y a pas de place pour le corporatisme.
Il n’y a pas de place pour la concurrence. 
Il n’y a qu’un seul impératif : l’intérêt général.
 
Les préfets, les agences régionales de santé doivent se retrouver autour d’un même objectif : offrir un service de qualité sur l’ensemble du territoire, en tirant partie des atouts de chacun. Je souhaite que le directeur général de la sécurité civile et de la gestion des crises anime, en lien étroit avec les préfets, cette politique. Il faut aller dans les départements où des conflits persistent, il faut forcer les différents acteurs à se parler, il faut en finir avec les querelles !
 
Le secours aux personnes repose enfin sur l’engagement des volontaires. Des volontaires sans qui, on ne le répète jamais assez, notre politique nationale de sécurité civile ne serait pas ce qu’elle est.
 
Porter secours à son voisin, mettre ses connaissances de professionnel de santé, de secouriste, au service des victimes de son quartier, voilà la réalité de ce qu’est le volontariat.
 
Je l’ai déjà dit à chacune de nos rencontres – elles ont été nombreuses depuis un an – le volontariat est une richesse pour notre pays.
 
L’engagement volontaire, c’est le choix de l’entraide. C’est le gage de notre cohésion sociale et territoriale. C’est la traduction des valeurs de notre République. Des valeurs qui poussent de nombreux jeunes à venir grossir vos rangs. 
 
Des initiatives récentes sont venues donner leur pleine mesure aux dispositions de la loi du 20 juillet 2011 relative à l’engagement des sapeurs-pompiers volontaires et à son cadre juridique. 
 
Publiée au mois d’octobre dernier, la Charte du sapeur-pompier volontaire est venue rappeler les valeurs, mais aussi les droits et les devoirs des sapeurs-pompiers volontaires. Elle définit le rôle du réseau associatif dans la promotion, la valorisation et la défense des intérêts des sapeurs-pompiers volontaires. Cette charte est un document fondamental.
 
Le 10 janvier dernier, le Conseil national des sapeurs-pompiers volontaires a été installé. Il a pour but d’œuvrer au bon fonctionnement et au développement du volontariat. Quatre réunions auront lieu au premier semestre, ce qui démontre le dynamisme de cette instance, sous la présidence engagée de Jean-Paul BACQUET.
 
Le décret relatif aux sapeurs-pompiers volontaires – la publication doit intervenir très prochainement – contient plusieurs mesures visant à pérenniser et à développer votre activité. 
 
En effet, si l’esprit du volontariat d’aujourd’hui est le même que celui d’hier, les modalités d’exercice du volontariat doivent pouvoir évoluer et s’adapter aux modes de vie actuels. 
 
Parce que la démographie médicale et les nouvelles conditions d’exercice des médecins le nécessitaient, nous avons adopté une série de mesures. Je tiens à souligner la qualité des travaux conduits au sein de la conférence nationale des services d’incendie et de secours, présidée par Yves ROME, qui n’a pas pu être des nôtres aujourd’hui.
Ces mesures – notamment celles relatives aux protocoles impliquant davantage les infirmiers sapeurs-pompiers – ont recueilli l’accord de la ministre de la Santé,
 
Enfin, deux textes récents sont venus renforcer la protection sociale de l’ensemble des sapeurs-pompiers volontaires. Je sais que certaines dispositions étaient attendues depuis longtemps.
 
Le monde des sapeurs-pompiers est passionnant, mais ce n’est pas un monde facile. Vous le savez, Monsieur le président. Et vous me l’avez fait comprendre.
Ce monde rassemble autour d’un même objectif des citoyens qui n’avaient peut-être pas grand-chose en commun – à part l’essentiel : la volonté de servir la collectivité –  et qui ne peuvent pas forcément donner la même chose aux missions de sapeur-pompier. 
 
Les volontaires s’engagent. Ils font cela « en plus », en prenant sur leur temps de loisir, sur leur temps en famille. Ils s’engagent avec, à leurs côtés, les professionnels. C’est une alchimie complexe. Il faut savoir agir avec précaution.
 
Le volontariat est un pilier de la sécurité civile, mais c’est un pilier fragile. A certains endroits, les effectifs diminuent alors que les sollicitations augmentent. 
 
Le Gouvernement a pris des initiatives : l’arsenal législatif et règlementaire est à votre disposition.
 
Les élus sont mobilisés, à vos côtés. Depuis plus de 10 ans, ils ont su vous garantir les moyens dont vous aviez besoin.
 
Aussi suis-je venu pour vous inviter, pour nous inviter, à relever un défi, celui du volontariat.
 
Celui-ci doit rester un engagement attractif. Les sapeurs-pompiers volontaires ne sont pas des supplétifs. Ils ne sont pas non plus des subordonnés. Ils doivent avoir des responsabilités. 
 
Alors ce défi du volontariat, je vous demande d’y consacrer toute votre énergie. Il y va de l’avenir de notre modèle, comme de la pérennité de vos structures. 
 
Dernièrement, l’un d’entre vous, un sapeur-pompier volontaire, engagé au sein de votre fédération, évoquait devant moi le manque de considération. 
 
Aujourd’hui, je tenais par ce déplacement à vous faire part de toute la considération du gouvernement, à vous témoigner, à nouveau, toute ma reconnaissance. 
 
Vous avez toutes les raisons de vous exprimer au sein de notre sécurité civile, de nos SDIS. Vous avez toute légitimité, au sein de votre réseau fédéral, puissant et reconnu, à agir pour que nous puissions collectivement préserver ce service public du secours et de protection de la population, auquel nos concitoyens sont tant attachés.
 
Je vous remercie.
 

Vous pouvez également retrouver en téléchargement libre le numéro spécial Secours Santé de sapeurs-pompiers de France : Cliquez-ici

Source : Pompier.fr

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